Louise Trudel, une bénévole habitée

louise

Louise Trudel, en bonne compagnie

Notre rédacteur bénévole, Jean-Charles, part à la rencontre des bénévoles afin de mener l’enquête sur une question très importante: qu’est ce qui peut les freiner à faire du bénévolat? Peut-être un début de réponse en découvrant le portrait de Louise. Bonne lecture!

En juin dernier, j’ai rencontré Louise Trudel. Bénévole à la Société Canadienne de la Sclérose en Plaques et membre de l’équipe volante d’Accès Bénévolat, j’ai demandé à Louise ce qui peut bien faire hésiter une personne à faire du bénévolat et dans quelles circonstances elle se décide enfin.
Louise ne saisissait pas trop la pertinence de mes interrogations, car pour elle « Tu veux ou tu veux pas (faire du bénévolat) ». Ceux qui ne veulent pas ne sont pas porter vers les autres ou, plus simplement, n’y pensent tout simplement pas, le bénévolat n’étant pas une option dans leur vie.

Donc, je ne suis pas tombé sur la bonne personne pour vérifier mon hypothèse.

Louise fait du bénévolat depuis l’âge de 30 ans et elle en a 68 ans aujourd’hui.  Elle savait, depuis l’adolescence, qu’elle serait bénévole un jour pour les aveugles, inspirée par le fait d’avoir pris soin de la cousine de sa mère, qui a perdu la vue.  Depuis toujours, elle est habitée par une certaine grâce, puisque

«Je suis née comme ça.  J’aime aider les gens.  C’est plus fort que moi.  Je me sens bien là-dedans.»

Bon, la grâce.  Vérifions s’il n’y aurait pas d’influence disons «terrestre».

Je lui demande: « Est-ce que dans votre famille et dans votre entourage de jeunesse, on faisait du bénévolat?».  Absolument pas.  Louise est originaire de St-Prosper-de-Champlain, une localité à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Trois-Rivières.  Dans cette petite ville, le bénévolat n’existait pas.

Bon.  Mon esprit cartésien reste sur sa faim.

De plus, elle ajoute qu’elle connaît plein de gens qui font du bénévolat.  Plusieurs de ses voisins où elle habite sont impliqués dans des activités bénévoles, jeunes comme moins jeunes.  Serait-il que cette grâce est plus répandue que prévu?

Les statistiques officielles lui donnent raison.  Selon l’Institut de la Statistique du Québec, plus de 2.2 millions de personnes âgées de 15 ans et plus réalisent annuellement du bénévolat au Québec (2013).

Ma gang d’hésitants, si elle existe, serait en fait minoritaire.  Voici un tableau montrant les secteurs d’activité bénévole:

stats

Types d’organismes dans lequel les bénévoles s’impliquent, selon l’âge, Québec, 2004 à 2013 – Institut de la Statistique du Québec (2017).

Revenons à Louise.
À 17 ans, elle arrive à Montréal, mue en partie par son désir de nouvelles expériences (ce désir qu’elle me confie avoir toujours).  Elle trouve un emploi à la Crèche d’Youville comme préposée pour les enfants orphelins de 0 à 5 ans.  À l’époque, les orphelins passaient une partie de leur vie en institution.  Elle y travaillera de 1966 à 1972, année de sa fermeture suite à une grève des employés syndiqués.  Trois cents quatre-vingt enfants avaient été placés en famille d’accueil pendant le conflit de travail.
Tellement bien placés, qu’ils ne réintégreront plus jamais l’institution, causant ainsi sa fermeture.

En 1974, Louise se retrouvera un poste permanent comme préposé au bénéficiaire, puis comme brancardière, à l’Hôpital général de la Miséricorde, appelé plus tard Centre hospitalier Jacques-Viger (fermé depuis 2012).  En 2003, Elle y terminera sa carrière après 37 ans de service dans ce centre consacré aux soins prolongés.

Son parcours bénévole débute en 1979 et, tel que déterminée à son adolescence, elle sera accompagnatrice à l’Institut national canadien pour les aveugles pendant une dizaine d’années en raison d’une journée par semaine. Par la suite, elle s’occupe d’une jeune trisomique pendant 4 ans.  Elle allait la chercher à l’Hôpital Ste-Justine, une fin de semaine sur deux, pour la sortir et s’en occuper.  Puis, ce fut du bénévolat aux Petits Frères des Pauvres pendant 5 ans, organisme voué à sortir de l’isolement les personnes seules, âgées de 75 ans et plus.

Aujourd’hui, Louise donne de son temps à la Société Canadienne de la Sclérose en Plaques depuis 2005.  Elle accompagne et veille au confort des membres dans l’activité Sortie restaurant ou Sortie buffet qui se déroule le mercredi.  De plus, elle récidive lorsque la chorale des membres se réunit à tous les vendredis.  Veiller au confort signifie entre autres apporter de l’aide pour l’habillement (l’hiver), assurer le libre accès des chaises roulantes, pourvoir en eau ou en café les membres, pour n’énumérer que quelques-unes de façons d’aider.  Ce qu’elle estime beaucoup c’est de mettre à profit toute son expérience de préposée au bénéficiaire auprès de personnes à mobilité réduite. Une des gratifications qu’elle retire de son bénévolat reste l’appréciation qu’on lui témoigne :

«J’aime aider les gens et quand ils me voient, ils sont contents.  Je peux ressentir leur besoin».

Toujours cette insaisissable grâce qui se laisse devinée à nouveau dans la dernière phrase.

benevolat

Je termine en lançant un ultime message à tous ceux et celles qui hésitent à faire du bénévolat : manifestez-vous.  Je suis prêt à vous écouter.  Je n’aime pas avancer des hypothèses sans fondement.

Sinon, que la grâce de Louise soit en nous tous.

Jean-Charles

 

Source tableau statistiqueshttps://www.rabq.ca/benevolat-en-chiffres.php

 

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