« Maillon à maillon: Le Chaînon »

Cette semaine, Jean Charles Meunier, notre rédacteur bénévole, nous propose de visiter le Chaînon.

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Le Chaînon, avenue de l’Esplanade – photo Le Chaînon

Le Chaînon.  Organisme notoire sans but lucratif.  Qui n’a pas entendu ce nom au moins une fois?

 

Des réponses pour différents besoins

Il se voue à procurer un hébergement transitoire aux femmes vivant des difficultés. Celles-ci sont de plusieurs ordres: santé mentale, dépendance, violence, itinérance etc.  Même la maison sur l’avenue de l’Esplanade participe à cette notoriété et force le respect.  Une architecture hors du commun avec ses 110 pièces, ses six étages et sa façade arborant des arches au rez-de-chaussée et des colonnes au premier étage.  Le regard s’y attarde obligatoirement.  Inspiration d’un autre temps.  J’y ai rencontré Chantal L’Heureux, nommée depuis peu coordonnatrice au développement des partenariats.  Elle a été coordonnatrice au bénévolat durant les six dernières années.

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Yvonne Maisonneuve – photo Le Chaînon

Lors de nos échanges, je posais la question suivante : « Existe-t-il des difficultés spécifiques rencontrées par les femmes aux différentes époques? ».  Ma question me semble justifiée puisque le Chaînon a été fondé en 1932 en pleine crise économique.  Cette année-là, Yvonne Maisonneuve ouvre un premier foyer d’accueil pour jeunes filles sur la rue Fairmount à Montréal.  Ce foyer prend le nom de l’Institut Notre-Dame de la protection.  L’organisme gardera ce nom jusqu’à 1978, année où on adopte l’appellation connue aujourd’hui.

Ainsi, j’évoquais la situation des mères célibataires à une certaine époque où l’emprise du clergé était omniprésente dans la société québécoise.  Chantal mentionne aussi la migration de jeunes femmes de la campagne vers la ville dans l’espoir de trouver du travail.  Arrivées en ville, ces jeunes femmes avaient un besoin urgent de se loger.  Aujourd’hui, l’itinérance se présente comme une nouvelle difficulté en croissance pour les femmes à Montréal  Plusieurs raisons expliquent ce phénomène.  Les principales restent la rareté des loyers à prix raisonnable et le manque de logements sociaux.  D’ailleurs, combler les besoins de logement constitue un des nombreux défis du Chaînon.

Le Chaînon répond au besoin d’hébergement en offrant l’accès à 51 lits pour trois durées d’occupation.  Douze places sont consacrées à l’accueil pour une nuit (trois salons s’ajoutent en cas d’urgence).  Vingt et une places sont attribuées pour une durée de quatre à huit semaines et quinze lits sont réservés pour un séjour de trois à douze mois.  Se rattachent à cet hébergement l’accompagnement, la confidentialité, la sécurité et le service de trois repas par jour dans une salle à manger où résidentes, employés et bénévoles mangent ensemble.

Les valeurs

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Chantal L’Heureux – photo Le Chaînon

Cette volonté de partage et de solidarité tire sa force et sa cohésion dans la tradition établie par la fondatrice et les soixante femmes qui se sont constituées en association en 1950.  Les associées étaient des femmes célibataires et sans enfants.  Quelques unes sont encore actives au sein de l’organisation aujourd’hui et elles rappellent de façon bien concrète la mission qu’elles s’étaient donnée.  Découle de ce dévouement, l’application par l’organisation de cinq valeurs propres à cette mission: le respect, l’accueil inconditionnel, la justice sociale, la reconnaissance et la valorisation du potentiel des femmes et la solidarité.

«Ces cinq valeurs sont au cœur de toutes nos décisions, toutes.» confirme Chantal.

L’importance du bénévolat

De même, une grande importance est accordée au bénévolat puisque la mission a été portée pendant 43 ans par le travail de bénévoles seulement (ce n’est qu’en 1975 que l’organisme engage ses premiers salariés).  Aujourd’hui, ils sont plus de deux cents bénévoles à donner de leur temps à la cuisine de la maison, au magasin du Chaînon situé au 4375 boulevard Saint-Laurent et dans divers secteurs.

Ce magasin constitue la principale source de financement.  Il est réparti sur deux étages.  Au premier, on y vend des vêtements, de l’ameublement, des produits de santé et de beauté.  Au second étage, ce sont des livres et des articles pour la maison qui y sont proposés.  Les bénévoles viennent en aide aux employés dans le tri de la marchandise et le service à la clientèle.

Chantal confirme l’importance qu’on accorde aux bénévoles.  Les responsables les accueillent dans le même esprit de respect et de solidarité que pour les résidentes.  Chantal en témoigne puisqu’elle a commencé sa fréquentation du Chaînon en 1997 comme bénévole:

«J’ai encore la même impression quand je suis rentrée ici un vendredi au mois de mai 1997.  J’ai ressenti que les valeurs étaient semblables aux miennes.  Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un ressenti, c’est une confirmation

L’entrevue se termine sur ces paroles de Chantal :

«Nous sommes un maillon (de la chaîne), le Chaînon a des décennies en arrière de moi, il y aura sûrement des décennies après moi

Il faut s’assurer, par les décisions qui sont prises et par le travail accompli, que le maillon actuel soit assez solide pour soutenir la chaîne depuis son début et pour le rattacher aux autres chaînons à venir.

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