Le bénévolat appuyé par l’employeur

Chaque année, 13.3 millions de Canadiens donnent du temps à des organisations sans but lucratif. Plus de 5 millions d’entre eux ont reconnu en 2010 avoir été encouragés par leur employeur à le faire.

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Il arrive que l’on croit, à tort, que cet encouragement se résume, pour l’employeur, à proposer une activité de motivation d’équipe sous la forme d’une activité de bénévolat de groupe, lors de laquelle les employés sont rémunérés. C’est pour cela que l’on entend parfois dire que « ce n’est pas du vrai bénévolat!». En fait, le bénévolat appuyé par l’employeur (BAE) c’est bien plus que cela.

Définition

Parfois appelé « bénévolat d’entreprise », « bénévolat corporatif » ou « bénévolat en milieu de travail », le bénévolat appuyé par l’employeur (BAE) est le soutien offert par un employeur pour inciter ses employés à s’adonner au bénévolat dans leur milieu. Il peut prendre diverses formes, telles que :

  • Heures de travail souples : l’employeur offre de la flexibilité dans l’horaire de travail de l’employé afin que celui-ci puisse s’acquitter des tâches inhérentes à son engagement bénévole.
  • Congé rémunéré : l’employé peut prendre une demi-journée par mois ou une journée par année pour faire du bénévolat.
  • Réduction de la charge de travail : l’employeur allège la charge de travail d’un employé pour lui permettre de siéger sur un comité, par exemple.
  • Prêt de salle ou d’équipement : l’employeur fournit une salle de réunion ou des services de photocopies.
  • Bénévolat de groupe : l’employeur organise une activité de bénévolat de groupe pour favoriser la participation de personnes ayant des intérêts semblables.
  • Don : l’employeur fait un don à un organisme auprès duquel un employé s’est investi pendant l’année.
  • Valorisation de l’action bénévole d’un employé : un article sur l’implication d’un employé est publié dans le bulletin ou sur le site Internet de l’entreprise.

Les tendances

De plus en plus d’employeurs ciblent leurs dons et choisissent les causes qu’ils entendent soutenir. Cela permet à l’entreprise de consolider son image d’acteur social, aussi bien auprès de ses consommateurs, que de ses employés, présents et futurs.

« L’action bénévole est utilisée, à divers degrés, comme un atout stratégique qui aide l’entreprise à réaliser ses objectifs d’affaires, y compris la gestion et la modification de sa culture, le renforcement de son image de marque, l’établissement de relations avec l’extérieur et la participation accrue des employés » (Global Trends in Volunteering, IAVE 2012).

customer-service-1433642_1280Le modèle de charité devient ainsi progressivement un modèle de partenariat, basé sur des échanges réciproques. D’un côté, l’entreprise fournit à l’organisme sans but lucratif des ressources financières et techniques, ainsi que du personnel. De l’autre, l’organisme sans but lucratif aide les employés à se sentir utiles, à s’impliquer dans leur communauté, à renforcer leurs relations avec leurs collègues et à développer leurs compétences.

 

Les bienfaits en milieu de travail

Le rapport de Bénévoles Canada recense 24 bienfaits du BAE en milieu de travail. En voici quelques-uns :

  • Mobilisation, rétention et moral des employés, avec leurs corollaires :
  • Productivité et baisse du taux d’absentéisme.
  • Renforcement de l’esprit d’équipe et rendement d’équipe.
  • Sensibilisation sociale.
  • Connaissance des consommateurs.
  • Sensibilité aux attentes des jeunes travailleurs.

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Les défis

De nombreux défis sont encore à relever en matière de BAE. Il s’agit notamment de :

  • Déséquilibre de pouvoir, lorsqu’un OSBL perçoit de la pression de la part d’une entreprise qui lui procure des fonds pour procurer du bénévolat aux employés.
  • Différence de culture, notamment en matière de structures organisationnelles, rythme de travail ou autre.
  • Imprécision dans les attentes et incapacité à énoncer clairement ce que l’on a à offrir, afin que les deux parties y gagnent.
  • Capacité d’accueil dans les organismes : « Une étude menée en 2012 par Bénévoles Canada et la Financière Manuvie auprès de quelque 600 organismes sans but lucratif canadiens a révélé que 70 % des répondants disent ne pas avoir les capacités voulues pour solliciter la participation d’entreprises ou de groupes de bénévoles. »
  • Suivi : il est important que les organismes fassent un suivi auprès des bénévoles sur l’impact de leur action. Ce, non seulement dans le but de reconnaître leur apport inestimable, mais aussi pour les informer des autres possibilités de bénévolat ou des projets en cours.

Et pour vous?

Parlez-nous de votre expérience! En tant qu’employé et bénévole, bénéficiez-vous de la part de votre employeur d’un soutien dans votre action bénévole? Sinon, seriez-vous prêt-e à le demander?

Si vous êtes un employeur, Bénévoles Canada met à votre disposition des outils pour développer cette pratique au sein de votre entreprise:

  • Le Code canadien du bénévolat appuyé par l’employeur vous aide à instaurer ou élargir des programmes de bénévolat au sein de votre entreprise.
  • L’outil Compétences Plus permet de faire des liens entre l’expérience bénévole et le développement des compétences au niveau professionnel, pour le bénéfices des employés, des employeurs et des organismes sans but lucratif.

 

 

Source:

  • Le bénévolat appuyé par l’employeur. Pratiques prometteuses et mobilisation communautaire. Paula Speevak et Joanna Kaleniecka. Bénévoles Canada, 2014. https://benevoles.ca/institut/rapport

 

 

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