L’Institut ludopédagogique du Québec

 

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Photo ILQ

Un article de Jean-Charles Meunier, rédacteur bénévole.

L’Institut Ludopédagogique du Québec (ILQ), organisme sans but lucratif, offre aux enfants de 0 à 12 ans une méthode de travail et des outils nécessaires pour disposer les plus jeunes à l’apprentissage et aider les plus vieux à réussir dans leur cheminement scolaire.  Le but est de leur permettre d’acquérir la capacité d’apprendre à apprendre, comme l’explique Élie Bélogoun, fondateur et directeur général de l’organisme.  Nous l’avons rencontré en mai dernier.

Élie Bélogoun, fondateur de l’organisme

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Photo ILQ

Natif du Bénin (Afrique de l’ouest) et diplômé en aéronautique d’une école à Rochefort en France, Élie s’installe au Québec en 2005.  Épris de science au départ, son parcours d’intégration au pays l’amène vers le domaine des arts.  Il fonde en 2008 l’organisme Art’hum, dont la mission est de promouvoir l’art et les rencontres interculturelles.  Par la suite, Élie se tourne résolument vers les sciences humaines, privilégiant le domaine de l’éducation.  Il obtient un baccalauréat en communication en 2011Élie fonde en 2012 l’organisme Ressources Academia, puis l’Institut Ludopédagogique du Québec en 2014.  Dans ces deux organisations, il concentre ses efforts et sa créativité au monde de l’apprentissage.  Présentement, il s’affaire à compléter un doctorat.

Dès le début, Élie ouvre la perspective et étale l’horizon dans lesquels il livrera ses propos avec cet énoncé:

« C’est toute une vision du monde, une vision de l’individu qui donne naissance à une vision de l’éducation.  Laquelle vision nous a amené à créer tous ces outils en éducation. »

Apprendre par le jeu

Une des originalités de l’ILQ est d’utiliser la ludopédagogie comme aide à l’apprentissage des enfants.  Cette pratique pédagogique n’est pas nouvelle.  Elle est utilisée fréquemment dans le monde du travail.  Afin d’accroître les compétences des travailleurs, des techniques et des outils ludiques permettent d’apprendre, avec plaisir, par le jeu.  Les participants se retrouvent en situation, donc dans l’action, pour expérimenter et analyser la thématique.  L’ILQ l’applique au monde de l’enfance en l’adaptant en conséquence.

Élie explique qu’il a « eu un déclic pour la ludopédagogie » alors qu’il donnait des cours d’appoint en mathématique à un jeune du primaire.  Malgré trois séances de deux heures, le garçon n’arrivait pas à comprendre les concepts.  Confronté à ses limites d’enseignant, Élie eut l’idée de mêler le jeu à l’enseignement.  Comme le garçon adorait le soccer, Élie a apporté un ballon à la séance suivante.  À travers les échanges avec le ballon, le prof a adapté son enseignement et l’enfant a intégré les notions de mathématiques.

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Photo Pixabay

Les formes multiples d’intelligence

Après avoir adopté la méthode, il a fallu réfléchir et concevoir des activités ludiques.  Pour ce faire, Élie s’est inspiré d’un psychologue du développement américain, Howard Earl Gardner.  Ce dernier a travaillé sur les lésions cérébrales et leurs conséquences.  Il était étonné de constater que des malades privés d’une faculté intellectuelle bien précise étaient capables d’en utiliser d’autres.  Les autistes, malgré leur déficience, réussissent des exploits intellectuels hors du commun.  Gardner en conclut qu’il doit exister différentes formes d’intelligences.  Si l’une d’elles est affectée, les autres restent indemnes.  À partir de ces observations, il développe la théorie des intelligences multiples en 1983.  Il en répertorie huit.  Aujourd’hui, enseignant à l’Université Havard, il énonce que la mission de l’école doit être de stimuler toutes ces intelligences.

Élie a conservé l’encadrement qu’offre la théorie dans son intégralité mais en la réaménageant un peu. Il a intégré ces huit intelligences dans trois circuits:

Le circuit cognitif qui groupe l’intelligence linguistique (1) et la logico-mathématique (2). le circuit socio-affectif et communication comprend l’intelligence intrapersonnelle (3), l’interpersonnelle (4) et la kinesthésique (5).  Le circuit espace-nature qui implique l’intelligence naturaliste (6), la visuelle spatiale (7) et l’intelligence musicale (8).

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Photo ILQ

Ces huit formes d’intelligence existent à la naissance.  Il convient de stimuler chacune d’elles chez les enfants afin de leur offrir le meilleur développement comme être humain.  Ainsi, différentes activités ludiques ont été conçues à cet effet pour tous les âges.  D’une façon plus précise, les activités chez l‘ILQ préparent l’enfant à intégrer surtout le monde scolaire.

Un exemple vous a été donné plus haut avec la stimulation de l’intelligence logico-mathématique à travers des échanges de ballon de soccer.  Un autre exemple.  L’institut organise le théâtre langagier en raison de 1 heure/semaine pour douze semaines pour stimuler l’intelligence linguistique.

Les services offerts

Les services de l’ITQ sont proposés sur une base personnelle mais également pour des groupes appelés communautés d’apprentissage.  Une garderie pourrait faire appel à son expertise pour construire une activité ludique en fonction d’une difficulté particulière.  L’institut procure également des services d’aide aux devoirs, de tutorat, des préparations aux examens.

Bénévoles recherchés

À l’instar des autres organismes, l’ILQ a besoin de bénévoles pour maintenir et développer son action.  L’organisation cherche des bénévoles spécialisés pour son secteur de recherche et développement. Il cherche également des citoyens que l’éducation des enfants interpelle pour maintenir la bonne marche de la gestion quotidienne.  Ces derniers sont indispensables pour soutenir le coté administratif, l’accueil, encadrer des activités et promouvoir les services de l’Institut.  Présentement, l’ILQ recherche expressément un responsable des réseaux sociaux afin d’assurer la visibilité de l’organisme.

Trouver sa place dans un organisme inclusif

Outre l’intérêt pour l’éducation, quelle satisfaction retire le bénévole en œuvrant pour l’Institut?  À cette question, Élie hésite puis, étonnamment, il cite un sophiste grec, Protagoras (-485 à -411 av. J.-C.): « L’homme est la mesure de toutes choses« .

Cette formule de Protagoras admet la multiplicité des points de vue qui s’oppose à l’idée d’une vérité absolue.  Élie renchérit:

 » L’Humain est au centre de tout.[…] Il faut de la différenciation et non de la standardisation.  Nous sommes différents avant d’être semblables« .

Si l’aspirant bénévole s’identifie à cette philosophie, il se sentira en harmonie avec les actions et les membres de l’Institut.  Il se retrouvera dans un environnement, à l’intérieur d’une équipe où règne un principe d’égalité et de respect.  C’est ce que voulait dire le très inspiré et inspirant directeur général.

 

 

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