Premiers pas Montréal

Article préparé et rédigé par Jean Charles Meunier, rédacteur bénévole.

Dans le cadre de notre série de présentation des organisations membres, nous avions terminé l’année dernière en beauté avec l’organisme « Belle et bien dans sa peau« .  Commençons doucement 2016 avec « Premiers Pas Montréal« .  Cet organisme communautaire vient en aide à des familles ayant des enfants d’âge préscolaire.  Ce soutien prend la forme de visites à domicile faites par les bénévoles jumelés à ces familles.

Dessin

L’inspiration pour l’idée remonte en 1973.  Dans la ville de Leicester au centre du Royaume-Uni, Margaret Harrison donne forme à un projet pilote qui était basé sur le simple principe qu’il serait plus efficace de soutenir les parents en leur rendant visite.  Souvent, des parents aux prises avec certaines difficultés l’invitait à venir les rencontrer chez eux, afin de vraiment parler.

Le projet a tellement bien fonctionné (taux de satisfaction chez les bénéficiaires de plus de 85%) qu’il est devenu l’organisation communautaire « Home Start ».  Ce dernier est maintenant implanté dans 23 pays.

Au Québec, le programme fait son entrée grâce à une travailleuse sociale du CLSC de Brossard, Margaret Duthie, qui se rend au Royaume-Uni, son pays d’origine, pour rencontrer les responsables de « Home Start ».  Elle en revient et fonde en 1989 le premier organisme de cette inspiration qui s’appellera « Premiers Pas Champlain« .  Puis naît en 2007 une organisation provinciale, Premiers Pas Québec (PPQ), avec l’aide d’un homme d’affaires qui croit que toutes les familles du Québec devraient avoir accès à ce programme.  PPQ développe des réseaux régionaux dans différentes régions du Québec.  Ce processus de développement culmine en 2013 avec la création du réseau de Montréal, Premier Pas Montréal, et nomme la directrice de PPQ Marie-Claude Richer responsable de cette section.  Nous l’avons rencontrée fin décembre.

 

Marie Claude Richer

Marie-Claude Richer, directrice de Premiers Pas Québec

En premier lieu, s’il fallait résumer à sa plus simple expression la base de la philosophie de Premier Pas, Marie-Claude l’a très bien exprimée à un moment de l’entrevue :

« Ce qui compte avant tout c’est le bonheur des enfants« .

Ce leitmotiv a probablement été la base de son engagement auprès des enfants.

Marie-Claude a toujours travaillé dans l’univers de l’enfance.  Avec une formation universitaire en Adaptation scolaire et sociale, sa carrière professionnelle débute comme conseillère en enfance inadaptée dans un centre de réadaptation en déficience intellectuelle, organisation paragouvernementale au début des années 90.  Comme elle n’a pas assez de temps pour se consacrer à son rôle de mère, elle décide d’œuvrer pour un organisme sans but lucratif qui lui offre un poste à temps partiel.  En 2001, Premiers Pas Champlain la recrute et elle est promue directrice de Premier Pas Québec en 2008.

Maintenant, responsable également de Premier Pas Montréal, sa tâche consiste à recruter des bénévoles, à rencontrer des familles, à jumeler les deux selon leurs affinités et à donner une formation aux bénévoles.  Le but de ces exercices reste d’offrir à la fin le meilleur soutien pratique et émotif à des parents en difficulté vis-à-vis de leur rôle parental.

En pratique, le bénévole se rend au domicile des parents une fois la semaine pour une durée d’environ 3 heures.   » Qu’est-ce que je peux faire pour aider? » serait la question simple à poser par le bénévole, nous dit Marie-Claude.  L’aide est ponctuelle, c’est l’ici et maintenant. Elle prend principalement la forme d’une conversation.  Il n’y a pas de plan d’intervention pour une action future, par exemple.  C’est dans la relation de personne à personne que réside la qualité de cette aide et non pas juste à rendre des services pratiques : le gardiennage, l’entretien ménager et le rôle de chauffeur sont exclus.  D’ailleurs, chaque visite requiert la présence de l’enfant.

Idéalement, le rôle du bénévole réside dans la capacité à trouver les moyens pour que le parent découvre sa propre solution à ses difficultés.  « C’est ça qui marche » ajoute Marie-Claude.

De façon plus formelle et exhaustive, le site de Premiers Pas Québec nous précise que le service tend à favoriser la relation parents-enfants, augmenter la confiance des parents en leurs habilités, accompagner les parents vers les ressources de leur communauté pour briser l’isolement, prévenir la négligence et la dépression parentale et, pour terminer, soutenir les parents en prévention vers une plus grande maturité et un développement optimal des enfants vulnérables.

Pour se donner toutes les chances de se rapprocher de ces objectifs, le bénévole a besoin de formation. Celle-ci s’étale sur 8 rencontres, d’une durée de trois heures pour chacune d’elles.  On y aborde différents thèmes tels le rôle du bénévole, la réalité des jeunes familles, des notions du développement de l’enfant, les facteurs de stress pour les familles, la protection de l’enfant, pour n’en nommer que quelques-uns.

Les qualités que recherche Marie-Claude chez les bénévoles sont la capacité d’écoute, la persévérance, une volonté d’engagement et de l’expérience parentale.  Cette dernière constitue une des affinités essentielles à partager.  Ainsi, il faut aimer les enfants et leur vouloir le mieux-être.  De plus, le bénévole doit avoir un intérêt évident pour l’élaboration d’une relation avec un autre adulte.  Ce lien est primordial puisque c’est à travers le parent que passe le bonheur de l’enfant.

Il n’y a pas que les parents bénéficiaires qui en retirent de la satisfaction.  La nature même de l’engagement du bénévole devient très valorisant, car il prend sa source dans la réalisation d’aider et dans les changements positifs observés dans une relation s’échelonnant sur plusieurs mois.  Comme le mentionnait Marie-Claude :

 » On ne sait pas qui est le plus grand gagnant dans cet échange-là ».

Par ailleurs, le défi majeur de l’organisme demeure celui d’être plus connu afin de recruter des bénévoles.  En décembre dernier, douze familles attendaient pour une prise en charge par Premiers Pas Montréal.  Une campagne de sensibilisation devrait être lancée pour janvier 2016.  Marie-Claude le faisait remarquer, il suffit d’un peu à donner pour ceux dont les choses vont bien.  Un brin de sensibilité envers autrui peut faire une différence.

L’entrevue se termine sur l’histoire d’un homme qui est devenu un bénévole très engagé.  Il avait trouvé très difficile de prendre soin de ses deux jeunes enfants.  Un jour, il réalisa que durant ces quelques années difficiles, il avait eu la santé, la famille élargie, les moyens pour répondre à ses besoins; il avait des amis; de plus, lui et sa conjointe s’aimaient.  Malgré cela, la tâche avait été laborieuse.  « Comment font les gens qui ne peuvent profiter de ces mêmes conditions? » s’était-il demandé.  C’est à partir de cette réflexion qu’il s’engagea chez Premier Pas.

Allez savoir.  Cette réflexion était-elle l’une de celles qui, en 1973, avait inspiré Margaret Harrison pour fondé l’organisme « Home Start »?  C’est dire l’universalité de certaines idées qui passent les frontières et traversent le temps.

Pour plus d’information, consultez:

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