Plan d’austérité : le bénévolat et ses valeurs menacés ?

Article rédigé par Éloïse Geneteau, rédactrice bénévole

Le plan de rigueur mis en place récemment par le gouvernement libéral fait grincer des dents certains organismes qui vivent de subventions gouvernementales et leurs bénévoles. En effet, en reconsidérant sérieusement les fonds accordés dans le milieu associatif, le gouvernement met en péril de nombreux organismes qui pourraient disparaitre faute de moyens. Une catastrophe économique, sociale et surtout humaine selon certains puisque ces organismes locaux offrent un service public essentiel pour une partie des habitants.

Les bénévoles qui donnent  chaque jour leur cœur, leur temps et leurs compétences sont inquiets : quel avenir pour le bénévolat  au Québec? Quel avenir pour les organismes ? Quel avenir pour les bénéficiaires?

Jean-Mathieu Chenier est bénévole depuis toujours. Il vient de recevoir le Prix Claude Masson – « Hommage bénévolat » dans la catégorie Jeune Bénévole. Ironie de la situation : ce prix qui lui a été remis lors d’une cérémonie à ….l’Assemblée Nationale. Malgré une certaine fierté à voir son engagement reconnu, Jean-Mathieu ressent un malaise: « Le gouvernement actuel me félicite de la main gauche, mais de la main droite, coupe, fragilise et change profondément les aspects de la société qui sont à la base même de mon engagement (…) ». Si le lauréat du prix Claude Masson s’interroge sur l’avenir du monde associatif et regrette  les coupes budgétaires, il rappelle aussi et surtout le plaisir qu’il a à s’impliquer : « en plus de donner un sens à ma vie, c’est-ce qui m’allume, me passionne ». Malgré ce climat difficile, il reste persuadé « que la société québécoise va vouloir conserver un Québec où il fait bon s’impliquer ».

De son côté, Claude Bérubé, bénévole de 72 ans craint que les réformes récentes ne viennent amplifier le recul du volontariat, un phénomène déjà existant selon lui. Sur son blogue personnel, ce bénévole au grand cœur exprime sa déception vis-à-vis de la nouvelle génération: « Prendre soin, se préoccuper de ceux qui nous entourent n’est –il plus d’actualité? » s’interroge-t-il avec regrets. Il constate que de nos jours, on ne prend plus le temps de faire du bénévolat. Une situation selon lui due en partie à notre dépendance aux « gadgets électroniques ». Comme beaucoup de bénévoles engagés, il croit fièrement que l’entraide et la générosité sont les vertus même d’une société humaniste.

Dans ce climat fragile, l’impact économique de ces compressions budgétaires est donc considérable : certains secteurs d’activités fonctionnent en partie grâce au volontariat et à l’engagement de personnes passionnées.  L’apport du bénévolat pour la vie sociale et économique dans la province se chiffre en milliard de dollars. Le bénévole offre en effet  son temps et ses compétences au service des autres. Une combinaison gagnante qui offre une véritable valeur-ajoutée aux associations qui œuvrent gracieusement parfois à la place des services publics. Plus qu’un simple passe-temps, le bénévolat c’est un savoir-faire. Un savoir-faire qui pourrait disparaitre si les organismes n’étaient pas en mesure de survivre aux choix budgétaires du gouvernement actuel.

A lire :

Le bénévolat, noblesse de l’âme humaine – Par Claude Bérubé

Semaine du bénévolat : des services qui n’ont pas de prix – Par Julie Simard, le Journal de l’étoile du Lac

Le bénévolat menacé – La Presse

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s