Ensemble en mouvement!

Lors de la rencontre participative organisée par le Réseau de l’action bénévole au Québec (RABQ) le 30 mars dernier, nous avons réfléchi à la question suivante : « comment faire reconnaître l’action bénévole comme levier de transformation sociale et de résilience pour nos communautés? »

Cette grande réflexion était animée par Lisa Gravel et Juan Carlos Londono, de Lupuna, dont l’approche repose sur la connexion à soi et aux autres, dans la recherche de solution. Ainsi, le forum a débuté sur une activité de « brise-glace » basée sur le ressenti et le partage : se remémorer un moment où chacun de nous s’est senti pleinement valorisé pour qui il ou elle est en tant que personne, puis en parler avec une autre personne de la salle.

Après cette entrée en matière, nous avons examiné par groupe de trois « Comment créer les conditions favorables pour que les bénévoles réalisent leur plein potentiel? ». Je ne pourrai nommer toutes les réflexions qui ont été livrées. Cependant, beaucoup se rejoignaient pour dire que l’organisation doit:

  • Prioriser la qualité de l’accueil et de l’écoute réservés aux bénévoles.
  • Donner aux bénévoles la place qu’ils méritent, y compris dans la prise de décision.
  • Faire en sorte qu’ils se sentent appartenir à l’organisme, qu’ils aient envie de le faire grandir et qu’ils y trouvent des opportunités de développement personnel.
  • Identifier les impacts des actions des bénévoles, les leur faire connaître et les communiquer publiquement.
  • Encourager les bénévoles à partager leurs expériences (témoignages).
  • Créer des liens.

Lors de la deuxième partie du forum, nous avons pris place dans un aquarium (fich bowl). Cette formule consiste à inviter une personne qui a une expertise particulière sur un sujet donné, à écouter son point de vue, puis à la placer au centre de l’aquarium (symbolisé par le cercle formé par l’auditoire autour de l’expert). Là, les personnes qui le souhaitent peuvent la rejoindre à tour de rôle pour lui poser des questions. L’invitée ce jour-là était Vanessa Reid, ancienne directrice du Santropol roulant, sur le sujet « Et si la crise était une opportunité? ». Vanessa a expliqué que cette popote roulante intergénérationnelle, créée en 1995, a connu trois crises majeures avant de pouvoir « rouler » : une crise financière, une crise organisationnelle et la crise du verglas. Lorsque Vanessa est arrivée en poste, l’une de ses premières actions a été de changer le rythme « d’épuisement professionnel » adopté par l’organisme, qui vivait à un rythme incroyable 7 jours sur 7. Les allées et venues des bénévoles et des employés étaient incessantes, tous se croisaient, il n’y avait pas de communication centrale. L’innovation du Santropol roulant a été de mettre en place des « living lab » : se rassembler pour faire quelque chose, réfléchir à ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons et quelles sont les pistes d’amélioration. La hiérarchie est horizontale. Ce ne sont pas des bénévoles, des employés ou des directeurs qui sont au cœur de l’action : ce sont des humains, des personnes vivantes. « Quand on rassemble les gens à travers les cultures et les âges, il y a de la magie », dit Vanessa. Ainsi, on se rend compte que « le bénévole vient avec un don, du temps, mais aussi des surprises. Il ne vient pas pour être dans un silo ». Adaptons nos façons de faire en fonction des personnes.

Vanessa rappelle également que la force du Santropol roulant réside dans l’attitude : ne pas voir les problèmes comme des obstacles, mais toujours comme des défis à relever. « Ne pas voir des frontières, mais plutôt des rivages. »

Par exemple, comme le taux de roulement au niveau du personnel et des bénévoles est considéré comme un atout, le calendrier est fait en fonction des disponibilités des personnes. Lorsque quelqu’un est disponible pour seulement deux semaines ou trois mois, il peut s’impliquer. Vanessa rappelle que la vie fonctionne par cycles, comme les saisons. Il suffit donc d’aborder le travail à faire de la même manière : le cycle des livraisons, le cycle des levées de fonds, etc.

Des questions diverses et variées ont alimenté cet aquarium. Certaines personnes semblaient septiques quant aux possibilités d’initier des changements dans leurs organismes. Vanessa a simplement rappelé que l’humilité et la patience viennent à bout de bien des résistances. Pour ma part, je suis reconnaissante au RABQ de nous avoir offert cette activité. Je repars convaincue que le monde vit des changements, positifs si l’on se place du côté des rivages plutôt que de celui des frontières, et que nous y participons. Je ne manquerai pas la prochaine rencontre qui aura lieu le 15 juin!

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